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Coffee Break

Focus sur les banques centrales

Coffee Break:
  • Semaine

Les temps forts de la semaine dernière

  • Après deux décennies de négociations, l’Union européenne et l’Inde ont conclu un accord de libre-échange historique – « la mère de tous les accords » selon leurs dirigeants.
  • Kevin Warsh a été choisi par Donald Trump pour devenir le prochain président de la Réserve fédérale. Le président américain « ne doute pas qu’il restera dans les annales comme l’un des plus grands présidents de la Fed, voire le meilleur ».
  • Les estimations provisoires de l’inflation des prix à la consommation de janvier, en recul par rapport à décembre en Espagne et en Allemagne, ont néanmoins été supérieures aux attentes.
  • Aux États-Unis, l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board a chuté en janvier sur fond de détérioration des perspectives du marché du travail, tandis que les prix à la production ont augmenté.
  • Plusieurs métaux précieux ont atteint de nouveaux sommets, mais l’euphorie a été de courte durée.

 

 Et ensuite ?

  • Aux États-Unis, les chiffres de l’emploi seront au centre de l’attention. Le consensus table sur la création de 65 000 emplois et un taux de chômage stable à 4,4 %.
  • Reflets de l’évolution du cycle économique, les PMI mondiaux donneront des indications sur les nouvelles commandes, les prix et la main-d’œuvre.
  • Après la Fed et la Riksbank la semaine dernière, plusieurs banques centrales prendront des décisions de politique monétaire, notamment la RBA, la BCE, la BoE, la Banxico et la Banque centrale indienne.
  • Au plan politique, les investisseurs surveilleront les résultats des élections générales au Japon et en Thaïlande, ainsi que le second tour des élections présidentielles au Portugal.
  • La saison des résultats du quatrième trimestre se poursuivra avec Alphabet, AMD, Amazon, Walt Disney, Eli Lilly et Palantir.

 

Nos convictions

Scénario de base

  • Visibilité rétablie. En ce début d’année 2026, le contexte macroéconomique est favorable aux actifs risqués. La croissance s’avère soutenue (environ 2,4 % aux États-Unis et 1,4 % en Europe), tandis que l’inflation converge vers son objectif – elle devrait rester sous les 2 % en Europe et sous les 3 % aux États-Unis en 2026. Nous ne connaissons pas une forte expansion, mais un environnement « idéal », où l’activité résiste sans raviver les pressions inflationnistes.
  • Petits pas de la Fed. Après trois baisses des taux consécutives en septembre, octobre et décembre, la Réserve fédérale américaine revient à une approche conditionnelle. Cela se traduit par une divergence des politiques, alors que la BCE est « bien positionnée » et que la Banque du Japon est passée en mode restrictif – une normalisation plus qu’une menace.
  • Amélioration des conditions financières. Les liquidités sont abondantes, le crédit reste stable et les rendements réels sont positifs mais gérables. Une croissance proche de 2 % aux États-Unis et 1 % en Europe semble confirmer notre scénario d'atterrissage en douceur.
  • Équilibre régional. L’Europe bénéficie d’un important soutien budgétaire et de PMI en amélioration, tandis que la trêve commerciale avec les États-Unis laisse à la Chine le temps de s’ajuster. Les marchés émergents, favorisés par un portage élevé et un dollar faible, attirent de nouveau les capitaux. La divergence, autrefois redoutée, est désormais le signe d'un équilibre.
  • Valorisations élevées, mais justifiées. Les marchés boursiers affichent des multiples élevés, notamment dans la technologie aux États-Unis, mais les bilans sont solides et la dynamique des bénéfices demeure positive.

Risques

  • Hésitation de la Fed. Les divisions au sein de la Réserve fédérale pourraient freiner l'assouplissement monétaire, synonyme de pause inopportune dans l’offre de liquidités. De fait, les hausses de prix liées aux droits de douane, conjuguées au retournement des tendances baissières observées en novembre, risquent de relancer l’inflation au cours des prochains mois.
  • Crédibilité budgétaire. La hausse des volumes d’émission et les tensions politiques pourraient inquiéter les marchés obligataires et accroître la volatilité des rendements.
  • Politique européenne. Les risques de cohésion persistent, les difficultés budgétaires de la France restant un point noir ; les tensions politiques risquent de miner la confiance.
  • Fragmentation géopolitique. La rivalité sino-américaine reste vive, tandis que la réorganisation de l'offre d’énergie et des flux commerciaux internationaux se poursuit. L’intervention américaine au Venezuela a démontré les capacités militaires des États-Unis et leur volonté de défendre leurs intérêts.

 

Strategie cross asset et positionnement du portefeuille

  • Nous conservons une opinion positive sur les actions mondiales à moyen terme :
    • Notre surpondération globale s’appuie toujours sur de bonnes perspectives dans toutes les régions.
  • Allocation régionale :
    • États-Unis : légère surpondération. L’inflexion accommodante de la Fed au mois de septembre ouvre la voie à de nouvelles baisses de taux. La technologie américaine demeure une conviction fondamentale dans un contexte de croissance résiliente.
    • Japon : légère surpondération. La visibilité sur le front commercial et l'allègement des droits de douane soutiennent les secteurs cycliques, en particulier les exportateurs. L'élection de Sanae Takaichi, symbole de réformes structurelles et de diversité dans le leadership, est considérée comme un pas important vers la disparition de la décote qui frappe les actions japonaises.
    • Europe : légère surpondération. L’issue rassurante des négociations commerciales est un facteur positif et le budget expansionniste de l'Allemagne a été approuvé. La BCE a relevé significativement ses prévisions de croissance tout en maintenant son taux directeur inchangé à 2 %, mais conserve une certaine flexibilité pour 2026.
    • Marchés émergents : légère surpondération. Les actions émergentes bénéficient de la trêve entre les États-Unis et la Chine jusqu’à la fin octobre (2026), d’un dollar faible et d’une meilleure visibilité en matière de commerce. La dette émergente, soutenue par des rendements attractifs et des coûts de financement plus faibles, demeure légèrement surpondérée.
  • Allocation factorielle et sectorielle :
    • Nous privilégions une stratégie « barbell » fondée sur des thèmes résilients tels que la technologie, l'IA et la santé, les difficultés concernant ce secteur étant désormais intégrées dans les cours.
    • Nous restons exposés aux titres du secteur bancaire, à l’industrie européenne et aux petites et moyennes capitalisations allemandes et américaines, qui devraient bénéficier de budgets expansionnistes et de la politique accommodante de la Fed.
  • Emprunts d’État :
    • Nous sommes optimistes sur la duration européenne « core », la politique stable de la BCE et les faibles anticipations d'inflation ancrant les rendements.
    • Nous restons neutres sur les bons du Trésor américain, l'inflation induite par les droits de douane et les prises de position de la Fed ajoutant à la complexité.
  • Crédit :
    • Nous ciblons le segment investment grade européen, qui offre des spreads attractifs par rapport à son homologue américain.
    • En raison de faibles spreads et de primes de risque minimes, le haut rendement offre un couple rendement/risque plus limité.
    • Nous surpondérons la dette émergente en raison de rendements attrayants, d'une meilleure visibilité en matière de commerce et de la politique accommodante de la Fed.
  • Actifs alternatifs :
    • Soutenu par les achats massifs des banques centrales et l’intérêt des investisseurs particuliers, l'or reste surpondéré en tant que couverture contre les risques géopolitiques, la volatilité des taux réels et la faiblesse du dollar.
    • Le dollar demeure incontournable pour les marchés émergents et les métaux précieux.
    • Nous conservons nos allocations aux stratégies alternatives pour assurer la stabilité et la diversification du portefeuille.
  • Devises :
    • Nous continuons à sous-pondérer le dollar, car l'assouplissement monétaire de la Fed et les pressions politiques pèsent sur la devise.
    • Nous privilégions les devises défensives telles que le yen et détenons certaines devises de pays émergents affichant des fondamentaux solides.

 

Notre positionnement

La dernière semaine de janvier a été mémorable : de nouveaux sommets ont été atteints par le S&P 500, mais aussi par le cuivre et nombre de métaux précieux. La saison des résultats du quatrième trimestre est néanmoins en retrait par rapport au trimestre précédent, ce qui a quelque peu freiné les marchés. Sur le front de la politique monétaire, le dernier comité de la Réserve fédérale a maintenu les taux inchangés et son président, Jerome Powell, est resté diplomate et réservé face à la pression exercée par le président Trump sur la Fed. Kevin Warsh devrait lui succéder à la fin de son mandat. Nous continuons à surpondérer les marchés actions, avec une allocation régionale équilibrée. Notre exposition aux actions privilégie la dynamique structurelle : la technologie américaine pour ses bénéfices, l’Europe pour le rendement et la reprise qui se profile, le Japon pour ses réformes et l’Asie pour son accès bon marché à l’intelligence artificielle et aux semi-conducteurs. Les thèmes clés incluent les goulets d’étranglement liés à l’électrification (services aux collectivités, infrastructures et certains métaux), ainsi que la santé et les biotechnologies pour leur croissance idiosyncratique. Au sein de la poche obligataire, la duration joue un rôle défensif dans un contexte de divergence des politiques monétaires, tandis que les crédits européens et la dette émergente offrent un portage attractif. Nous anticipons un affaiblissement du dollar, restons optimistes sur les métaux et conservons une position prudente sur le pétrole. Les portefeuilles combinent croissance structurelle et sélection de titres rigoureuse parmi les différentes classes d’actifs.

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