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Coffee Break

Cap sur les rendements

Coffee Break:
  • Semaine

Les temps forts de la semaine dernière

  • L’économie américaine a créé 29 000 emplois en septembre, un chiffre inférieur aux 90 000 attendus. Par ailleurs, le taux de chômage est passé de 4,1 % à 4,2 %.
  • Les marchés obligataires demeurent sous pression, les rendements étant dopés par la vigueur de la croissance, le volume des émissions et la hausse des prix de l’énergie.
  • Aux États-Unis, les révisions à la baisse et les chiffres inférieurs aux attente de l’inflation PCE pour le deuxième trimestre et le mois d’août ont rendu un nouveau tour de vis de la Fed moins urgent.
  • L’inflation européenne de septembre a surpris à la hausse, tandis que l’incertitude budgétaire française a accentué la pression sur les spreads souverains et l’euro.
  • Les marchés de l’énergie sont restés en alerte sur fond de blocage du détroit d’Ormuz, l’approvisionnement souffrant de l’absence de progrès dans les négociations.

 

 Et ensuite ?

  • L’indice ISM des services et la confiance des consommateurs américains mesureront la résistance de l’activité, alors que la hausse du pétrole et des coûts d’emprunt pèse sur les ménages.
  • La crédibilité budgétaire et l’inflation seront au centre de l’attention avec les négociations budgétaires en France et les discours de la BCE et de la BoE, susceptibles d’impacter les spreads souverains et les anticipations de taux.
  • Les marchés digéreront les résultats du premier tour de l’élection présidentielle au Brésil, les alliances en vue du second tour (24/10) étant essentielles pour le réal et la bourse brésilienne.
  • Les négociations commerciales entre la Chine et l’UE seront centrées sur l’accès aux terres rares et les chaînes logistiques industrielles.

 

Nos convictions

Scénario de base

  • Légère surpondération des actions. Nous restons positifs à l’égard des actions mondiales.
  • Le contexte macroéconomique demeure robuste. Le contexte macroéconomique pourrait encore s’améliorer en cas de reflux des prix de l’énergie. Toutefois, la poursuite des tensions en Iran et l’envolée des prix de l’énergie menacent notre scénario.
  • À l’approche de la saison des résultats du troisième trimestre. Les enquêtes de conjoncture indiquent que la croissance résiste et que les révisions à la hausse des bénéfices sont positives sur les marchés développés.
  • La divergence des politiques monétaires commence à se résorber. La Fed a renforcé sa crédibilité en durcissant sa politique monétaire dans le sillage de la BCE et de la BoJ.

 

Risques

  • Fragmentation géopolitique. La rivalité sino-américaine demeure vive, tandis que la réorganisation de l’offre d’énergie et des flux commerciaux internationaux se poursuit. Peu de progrès tangibles avaient été réalisés lors du sommet sino-américain.
  • Tensions persistantes en Iran. Une résolution est indispensable pour que notre scénario central reste valable. Par ailleurs, la situation en Iran reste très fragile et volatile.
  • Crédibilité budgétaire. La hausse des volumes d’émission et les tensions politiques pèsent sur les marchés obligataires et dopent la volatilité des rendements.

 

Strategie cross asset et positionnement du portefeuille

  • Nous surpondérons légèrement les actions, en privilégiant les marchés émergents et le Japon, tandis que nous restons neutres vis-à-vis des États-Unis et de l’Europe.
  • Allocation régionale :
    • Neutre sur les États-Unis. La bonne tenue de la croissance soutient les marchés, mais la hausse des coûts d’emprunt ne peut être ignorée.
    • Légère surpondération du Japon. Les initiatives gouvernementales favorables et la prudence relative de la BoJ offrent un contexte propice aux actifs risqués. De plus, ses leaders mondiaux dans les domaines de la robotique, de l’automatisation et des équipements industriels devraient permettre de capitaliser sur la prochaine hausse de la productivité induite par l’IA.
    • Neutre vis-à-vis de l’Europe. La région pourrait bénéficier d’une baisse des prix de l’énergie en cas de recul des tensions au Moyen-Orient, mais la composition sectorielle du marché européen est moins exposée aux thèmes en vogue.
    • Légère surpondération des marchés émergents. Une approche sélective s’impose, mais la forte exposition de la région au secteur technologique constitue un facteur favorable, bien que volatil. Les valorisations, qui reflètent une décote significative par rapport aux marchés développés, sont intéressantes.
  • Allocation factorielle et sectorielle :
    • Nous privilégions les thèmes qui bénéficient de cycles d’investissement à long terme.
    • Nous restons optimistes à l’égard du secteur de la santé et restons exposés à certaines valeurs industrielles bénéficiant de budgets expansionnistes.
  • Emprunts d’État :
    • Nous avons une position longue de duration sur les obligations européennes « core ». La guerre en Iran a entraîné un ajustement lié aux perspectives d’inflation. En conséquence, les anticipations de politique monétaire se sont cristallisées autour d’une hausse des taux. Nous privilégions les obligations souveraines « core » notées AAA, qui bénéficient encore de la crédibilité budgétaire et de celle de leur banque centrale.
  • Crédit :
    • Malgré le récent élargissement, les spreads du segment investment grade européen demeurent trop limités pour offrir des opportunités en termes de valorisation, alors que les incertitudes macroéconomiques restent élevées. Les fondamentaux demeurent solides, mais leur sensibilité à la hausse des taux justifie un positionnement neutre. Pour l’heure, nous renonçons à surpondérer le segment et privilégions une approche sélective.
    • Nous sommes neutres vis-à-vis des titres investment grade, tant aux États-Unis qu’en Europe. Les indicateurs techniques dans le haut rendement se détériorent sur fond de sorties de capitaux et d’offre en hausse, ce qui justifie le récent écartement des spreads. Au sein du segment, nous restons neutres sur l’Europe et négatifs envers les États-Unis.
    • Nous sommes positifs sur la dette émergente, notamment en devise locale, car la tendance au resserrement des spreads se confirme et de nouvelles compressions sont envisageables. Enfin, les rendements actuels (plus de 7 %) offrent un portage attractif pour cette diversification génératrice de revenus.
  • Actifs alternatifs :
    • Nous restons optimistes sur l’or à l’approche du soutien majeur de 4000 dollars l’once.
    • Nous détenons des positions dans des métaux précieux et stratégiques, des actifs alternatifs et des stratégies « market-neutral », à des fins de stabilité et de diversification du portefeuille.
  • Devises :
    • Le régime de marché actuel favorise les devises liées aux matières premières. Nous maintenons donc notre position longue sur le dollar australien.
    • Nous conservons une position longue sur le yen.

 

Notre positionnement

La bonne tenue de l’activité mondiale nous incite à conserver un positionnement positif et nous surpondérons légèrement les actions des marchés émergents et du Japon. Sur les marchés obligataires, la hausse des rendements réels a provoqué une envolée des rendements souverains américains à 10 ans vers 5,20 %, ce qui a renchéri les coûts de financement. La hausse des taux et l’aplatissement de la courbe des rendements créent un environnement plus exigeant. Nous privilégions la dette émergente et la duration européenne « core » de qualité. Dans le domaine du crédit, nous préférons le segment investment grade européen au haut rendement, dont les primes de risque restent limitées. Nous ciblons en outre le yen comme devise de couverture (celui-ci restant historiquement sous-évalué) ainsi que certaines monnaies émergentes, tout en conservant les devises liées aux matières premières telles que le dollar australien. Enfin, les métaux stratégiques, l’or et les stratégies alternatives continuent d’offrir une diversification appréciable dans un contexte de contraintes d’offre, de divergence des politiques et de volatilité des taux réels.

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