Les temps forts de la semaine dernière
- La chute des cours du pétrole au cours du mois de juin a entraîné une baisse inattendue de l’IPC américain. Les cours du pétrole sont toutefois repartis à la hausse depuis lors.
- Actuellement, le détroit d’Ormuz semble pratiquement fermé, avec en moyenne seulement quatre traversées par jour, ce qui remet la pression sur les prix de l’énergie.
- Le secteur bancaire a donné le coup d’envoi de la saison des résultats aux États-Unis avec des résultats solides, mais qui ont reçu un accueil mitigé.
- ASML et TSMC ont présenté des résultats très satisfaisants, mais n’ont pas été en mesure de relancer la hausse des valeurs liées à l’IA.
Et ensuite ?
- Les résultats financiers resteront au cœur de l’actualité, plusieurs entreprises des secteurs de l’industrie et de l’énergie devant présenter leurs rapports.
- Alphabet constituera un premier test pour évaluer le sentiment des investisseurs à l’égard des hyperscalers.
- La BCE annoncera son nouveau taux directeur : les marchés tablent sur un statu quo par rapport au mois de juin.
- Enfin, plusieurs régions feront état de leur activité économique avec la publication des indices PMI.
Nos convictions
Scénario de base
- Légère surpondération des actions : nous restons optimistes à l’égard des actions mondiales, mais nous sommes devenus plus sélectifs après avoir récemment revu à la baisse notre notation des États-Unis (et du secteur technologique américain).
- Le contexte macroéconomique devrait s’améliorer mais restera fragile. Déjà favorable aux États-Unis, il pourrait s’améliorer dans le reste du monde avec le recul des prix de l’énergie. La croissance américaine repose toujours sur la demande intérieure privée, les investissements – notamment dans le domaine de l’IA – jouant un rôle plus important que la consommation. Le regain de tensions en Iran pourrait dégrader les conditions actuelles, en particulier dans les régions dépendantes de l’énergie.
- Focus sur les bénéfices. Alors que la croissance des bénéfices reste le moteur le plus puissant du marché depuis le début de l’année, les marchés suivront de près la saison des résultats.
- Divergence des politiques monétaires. Kevin Warsh a adopté une position ferme lors de sa première réunion à la tête du FOMC, excluant toute baisse des taux en 2026. Quant à la BCE, elle gère les anticipations d’inflation et pourrait décider de relever ses taux à plusieurs reprises. De leur côté, la Banque du Japon et la Banque centrale d’Australie sont toujours dans un cycle de resserrement monétaire.
Risques
- Fragmentation géopolitique. La rivalité sino-américaine reste vive, tandis que la réorganisation de l’offre d’énergie et des flux commerciaux internationaux se poursuit. Par ailleurs, la situation en Iran reste très fragile et volatile.
- Dilemme de la Fed. Une économie robuste et les divisions au sein du FOMC pourraient freiner l’assouplissement monétaire, synonyme de pause inopportune dans la fourniture de liquidités. Kevin Warsh devra forger un nouveau consensus autour de la politique monétaire.
- Crédibilité budgétaire. La hausse des volumes d’émission et les tensions politiques pourraient inquiéter les marchés obligataires et accroître la volatilité des rendements.
Strategie cross asset et positionnement du portefeuille
- Nous surpondérons légèrement les actions, en privilégiant les marchés émergents et le Japon, mais avons récemment ramené notre position sur les États-Unis à « Neutre ».
- Allocation régionale :
- Neutre sur les États-Unis. Cette décision tactique reflète notre position neutre à l’égard du secteur technologique américain. L’absence de catalyseurs d’ici la fin de l’été (saison des résultats du deuxième trimestre) nous a conduits à baisser la notation de ce secteur. En termes de capitalisation, les segments sensibles à la technologie représentent environ la moitié du marché américain.
- Légère surpondération du Japon. Les initiatives gouvernementales favorables et la prudence relative de la BoJ offrent un contexte propice aux actifs risqués. De plus, ses leaders mondiaux dans les domaines de la robotique, de l’automatisation et des équipements industriels devraient permettre de capitaliser sur la prochaine hausse de la productivité induite par l’IA.
- Neutre vis-à-vis de l’Europe. La région pourrait bénéficier d’une baisse des prix de l’énergie, mais la composition sectorielle est moins exposée aux thèmes en vogue. Les dépenses budgétaires montent en puissance en Allemagne.
- Légère surpondération des marchés émergents. Une approche sélective s’impose, mais la forte exposition de la région au secteur technologique constitue un facteur favorable, bien que volatil. Les valorisations sont attractives, le PER à 12 mois de l’indice MSCI Emerging Markets affichant une décote significative par rapport au MSCI World.
- Allocation factorielle et sectorielle :
- Nous privilégions les thèmes qui bénéficient des cycles d’investissement en cours, liés à l’IA ou aux dépenses publiques.
- Nous sommes optimistes à l’égard du secteur de la santé et restons exposés aux valeurs industrielles et aux moyennes capitalisations de l’UE et des États-Unis, protégées par des budgets expansionnistes et des perspectives de déréglementation.
- Emprunts d’État :
- Nous avons une position longue de duration sur les obligations européennes « core ». La guerre en Iran a entraîné un ajustement des marchés, le choc énergétique faisant grimper les anticipations d’inflation. Par rapport à janvier, le marché a changé son fusil d’épaule et anticipe désormais – de manière sans doute excessive – des hausses de taux. Nous privilégions les obligations souveraines « core » notées AAA, qui bénéficient de la crédibilité budgétaire et de celle de leur banque centrale.
- Nous sommes légèrement vendeurs de bons du Trésor américain. La vigueur de la croissance et des dépenses d’investissement dans l’IA, la montée de l’inflation et les inquiétudes liées au déficit exercent une pression à la hausse sur les taux américains.
- Crédit :
- L’élargissement des spreads du segment investment grade européen a été bien trop limité pour offrir des opportunités en termes de valorisation, alors que les incertitudes macroéconomiques restent élevées. Les fondamentaux demeurent solides, mais leur sensibilité à la hausse des taux justifie un positionnement neutre. Pour l’heure, nous renonçons à surpondérer le segment et privilégions une approche sélective.
- Nous sommes neutres vis-à-vis des titres investment grade, tant aux États-Unis qu’en Europe. Les indicateurs techniques dans le haut rendement se détériorent sur fond de sorties de capitaux et d’offre en hausse. Au sein du segment, nous restons neutres sur l’Europe et négatifs sur les États-Unis.
- Nous sommes positifs sur la dette émergente, notamment en devise locale, car la tendance au resserrement des spreads se confirme et de nouvelles compressions sont envisageables. Par ailleurs, les devises émergentes semblent les mieux placées pour tirer parti d’un nouvel affaiblissement du dollar. Enfin, le rendement à l’échéance actuel (7 %) offre un portage attractif pour cette diversification génératrice de revenus.
- Actifs alternatifs :
- Nous restons optimistes sur l’or à long terme.
- Nous détenons des positions dans des métaux précieux et stratégiques, des actifs alternatifs et des stratégies « market-neutral », à des fins de stabilité et de diversification du portefeuille.
- Devises :
- Le régime actuel des marchés favorise les devises liées aux matières premières – notamment les métaux précieux et le pétrole. Nous maintenons donc nos positions longues sur le dollar australien, la couronne norvégienne et le réal brésilien.
- L’amélioration potentielle des relations entre la Hongrie et l’UE pourrait déboucher sur des politiques plus stables et une réduction significative des risques pour les investisseurs étrangers, ce qui nous incite à conserver une position longue sur le forint hongrois.
- Le dollar reste plutôt sous-pondéré, mais cette sous-pondération a été sensiblement réduite en raison du contexte géopolitique.
- Nous avons également une position longue sur le yen.
Notre positionnement
Nous demeurons optimistes et surpondérons légèrement les actions des marchés émergents et du Japon, où la dynamique des bénéfices reste la plus solide. Le contexte macroéconomique demeure favorable, mais le leadership s’est diversifié, les investisseurs se détournant de l’IA et des semi-conducteurs au profit d’autres segments du marché. Sur les marchés obligataires, nous privilégions la dette émergente et la duration européenne « core » de qualité. Dans le domaine du crédit, nous préférons le segment investment grade européen au haut rendement, dont les primes de risque restent limitées. Nous ciblons en outre le yen – historiquement sous-évalué par rapport au dollar – et certaines monnaies émergentes, tout en conservant les devises liées aux matières premières telles que le dollar australien, la couronne norvégienne et le réal brésilien. Enfin, les métaux stratégiques, l’or et les stratégies alternatives continuent d’offrir une diversification appréciable dans un contexte de contraintes d’offre, de divergence des politiques et de volatilité des taux réels.