Les temps forts de la semaine dernière
- Les États-Unis et Israël ont bombardé de nombreuses cibles à travers l'Iran.
- Le discours sur l’état de l’Union du président Trump, pauvre en nouvelles propositions législatives, a plutôt souligné les principales réalisations de la nouvelle administration.
- Aux États-Unis, la confiance des consommateurs a surpris à la hausse, tandis que les enquêtes régionales sur l’activité envoyaient, de Dallas à Philadelphie, des signaux mitigés.
- En Europe, l’indice Ifo allemand a atteint un pic de six mois, tandis que l’indice de confiance économique de la Commission européenne a légèrement baissé en février.
- Nvidia a encore publié des résultats solides, les revenus et prévisions dépassant les attentes, mais la réaction du titre est restée modérée.
Et ensuite ?
- Le début (météorologique) du printemps coïncide avec une semaine chargée, les PMI prenant le pouls de l’activité dans le monde entier.
- Aux États-Unis, les ventes de détail et le rapport sur l’emploi de février permettront d’évaluer la demande des ménages et la dynamique du marché du travail.
- En Europe, nous surveillerons l’IPC provisoire de février, le consensus tablant sur une inflation globale de 1,6 % en glissement annuel.
- En Chine débuteront les « deux sessions » annuelles, regroupant le Congrès national du peuple et la Conférence consultative politique du peuple chinois.
Nos convictions
Scénario de base
- Contexte macroéconomique favorable. Les conditions macroéconomiques restent favorables, mais ne constituent plus le principal moteur du marché. La croissance américaine repose toujours sur la demande intérieure privée, les investissements – notamment dans le domaine de l’IA – jouant un rôle plus important que la consommation.
- Petits pas de la Fed. La Réserve fédérale revient à une approche d’assouplissement conditionnel. Cela se traduit par une divergence des politiques, alors que la BCE est « bien positionnée » et que la Banque du Japon est passée en mode restrictif – une normalisation plus qu’une menace.
- Désynchronisation des marchés. Les régions, secteurs et devises ne sont plus en phase. Les indices équipondérés divergent par rapport aux indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière. Le segment du matériel informatique surperforme celui des logiciels. Par ailleurs, le segment asiatique des semi-conducteurs se comporte différemment de celui des plateformes américaines. Enfin, les devises émergentes se renforcent alors même que les taux américains restent élevés.
Risques
- Remaniement de la Fed. Les divisions au sein du FOMC pourraient freiner l’assouplissement monétaire, synonyme de pause dans la fourniture de liquidités. De fait, les hausses de prix liées aux droits de douane, conjuguées au retournement des tendances baissières caractérisant les données « post-shutdown », risquent d’attiser l’inflation dans les prochains mois.
- Crédibilité budgétaire. La hausse des volumes d’émission et les tensions politiques pourraient inquiéter les marchés obligataires et accroître la volatilité des rendements.
- Fragmentation géopolitique. La rivalité sino-américaine reste vive, tandis que la réorganisation de l'offre d’énergie et des flux commerciaux internationaux se poursuit. L’intervention américaine au Venezuela a démontré les capacités militaires des États-Unis et leur volonté de défendre leurs intérêts, tandis que les tensions avec l’Iran persistent.
Strategie cross asset et positionnement du portefeuille
- Nous conservons une opinion positive sur les actions mondiales à moyen terme :
- Notre surpondération globale s’appuie toujours sur de bonnes perspectives dans toutes les régions.
- Allocation régionale :
- États-Unis : légère surpondération. Leadership dans la technologie et l’IA.
- Japon : légère surpondération. Soutien des réformes et des dépenses budgétaires post-élection.
- Europe : légère surpondération. Résistance aux nouveaux droits de douane et à l’incertitude géopolitique, alors que le budget expansionniste de l’Allemagne est désormais mis en œuvre.
- Marchés émergents : légère surpondération. Exposition bon marché à l’IA, faiblesse du dollar. Élections prochaines et soutien des matières premières en Amérique latine. Trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine et sommet bilatéral à venir.
- Allocation factorielle et sectorielle :
- Nous restons optimistes à l’égard de la technologie et de la santé. Au sein du secteur des logiciels, les modèles économiques sont très divers, certains étant plus durement touchés par les progrès de l’intelligence artificielle. L’ensemble du secteur a néanmoins subi une forte correction, ce qui offre des opportunités.
- Nous restons exposés à l’industrie européenne et aux petites et moyennes capitalisations allemandes et américaines, qui bénéficient de budgets expansionnistes, de coûts de financement en baisse et de perspectives de déréglementation.
- Emprunts d’État :
- Nous sommes optimistes sur la duration européenne « core », la politique stable de la BCE et les faibles anticipations d’inflation étant susceptibles d’ancrer les rendements.
- Nous restons neutres sur les bons du Trésor américain, le prochain remaniement de la Fed ajoutant à la complexité.
- Crédit :
- Nous préférons le crédit européen investment grade à son homologue américain et au segment du haut rendement.
- Nous surpondérons la dette émergente en raison de rendements attractifs, d'une meilleure visibilité en matière de commerce et de la politique accommodante de la Fed.
- Actifs alternatifs :
- Soutenu par les achats massifs des banques centrales et l’intérêt des investisseurs, l’or – qui traverse quelques turbulences – reste une conviction clé en tant que couverture contre les risques géopolitiques, la volatilité des taux réels et la faiblesse du dollar.
- Nous conservons nos allocations aux stratégies alternatives pour assurer la stabilité et la diversification du portefeuille.
- Devises :
- Les anticipations de recul du dollar affectent les devises liées à la demande structurelle de matières premières et de biens d’équipement. Cela justifie notre opinion positive vis-à-vis du dollar australien et du real brésilien.
- Nous avons également une position longue sur le yen et détenons certaines devises de pays émergents qui affichent des fondamentaux solides.
Notre positionnement
La semaine a été mouvementée au plan macroéconomique, la confiance des consommateurs s’améliorant plus qu’anticipé aux États-Unis mais fléchissant en Europe, tandis que le discours sur l’état de l’Union du président Trump a révélé peu de nouvelles propositions législatives. Les bénéfices ont une fois de plus focalisé l’attention des investisseurs. Nvidia a publié des résultats solides et annoncé un chiffre d’affaires et des prévisions supérieures aux attentes, mais la réaction du titre a été relativement modérée, ce qui reflète sans doute la difficulté des investisseurs à conserver leurs positions sur les leaders de l’IA. Salesforce a annoncé un rachat massif d’actions sur fond de résultats solides, envoyant un signal positif au reste du secteur des logiciels, durement touché par la disruption imposée par l’intelligence artificielle. Nous continuons à surpondérer les principaux marchés, en ciblant l’Europe pour le rendement et la reprise, le Japon pour les réformes, et les marchés émergents pour l’accès à l’IA, aux semi-conducteurs et aux matières premières. Nos thèmes clés incluent les goulets d’étranglement liés à l’électrification (services aux collectivités, infrastructures et certains métaux), ainsi que la santé et les biotechnologies pour leur croissance idiosyncratique. Au sein de la poche obligataire, la duration joue un rôle défensif dans un contexte de divergence des politiques monétaires, tandis que les crédits européens et la dette émergente offrent un portage attractif. Nous anticipons un affaiblissement du dollar et restons optimistes sur les métaux.