Les temps forts de la semaine dernière
- La hausse des taux a été particulièrement prononcée sur les échéances longues, alors que les primes de terme et les craintes inflationnistes restaient élevées. La banque centrale indienne a relevé ses taux de 25 pb, tandis que la Fed, la Riksbank, la Norges Bank et la BoJ maintenaient un ton ferme.
- En Europe, le risque souverain est resté préoccupant : les tensions budgétaires françaises et la perspective d’un déficit italien à 3,4 % en 2027 ont maintenu les spreads sous pression, l’envolée des coûts de l’énergie dégradant le contexte macroéconomique. Le regain de tensions commerciales avec la Chine a renforcé les inquiétudes.
- Flávio Bolsonaro s’est qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle au Brésil ; il affrontera le président Lula le 25 octobre. Le marché brésilien a salué la perspective d’une approche plus orthodoxe sur le plan budgétaire et plus favorable aux marchés.
- L’Iran a maintenu les marchés en alerte, le Brent dépassant brièvement les 106 dollars le baril après des rumeurs de frappes américaines. À ce stade, le pétrole constitue avant tout un enjeu géopolitique et, dans une moindre mesure, un facteur pesant sur les fondamentaux.
- Les valeurs refuges restent recherchées, l’or dépassant 4100 dollars l’once grâce aux achats des banques centrales, aux couvertures géopolitiques et à l’afflux de capitaux sur le marché monétaire. Mais le cuivre s’est également raffermi, ce qui laisse penser que la demande d’actifs tangibles n’est pas purement défensive.
Et ensuite ?
- Les marchés surveilleront l’inflation américaine, l’IPC de septembre étant susceptible de déterminer si la Fed peut rester patiente ou si elle doit durcir sa politique rapidement.
- Le débat sur la croissance se déplacera à Bangkok, où les réunions du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que des prévisions actualisées, permettront d’affiner le scénario macroéconomique. À cette occasion, l’intervention du président de la Fed, Kevin Warsh, sera très suivie.
- L’Europe reste prise en étau entre le risque souverain et les tensions commerciales, la BCE visant la stabilité des marchés tandis que les négociations entre l’UE et la Chine continuent de porter sur les déséquilibres commerciaux et les taux de change.
- La saison des résultats du troisième trimestre débutera avec les grandes banques américaines. La qualité du crédit, les marges nettes d’intérêt et la résilience des consommateurs montreront dans quelle mesure les fondamentaux des entreprises absorbent la hausse des taux.
Nos convictions
Scénario de base
- Légère surpondération des actions. Nous relevons les actions américaines à « légèrement surpondéré » et continuons de préférer le Japon et les marchés émergents.
- Le contexte macroéconomique demeure robuste. L’investissement et la consommation soutiennent la croissance aux États-Unis, tandis que la reprise reste tributaire des dépenses publiques en Europe. Toute baisse des prix de l’énergie soutiendrait l’activité.
- À l’approche de la saison des résultats du troisième trimestre. Les révisions à la hausse des bénéfices confortent notre optimisme. Les résultats et les prévisions du troisième trimestre doivent encore confirmer les attentes, malgré la hausse des coûts de financement.
- Potentiel de resserrement monétaire limité. La hausse des rendements pèse sur les conditions de financement, ce qui pourrait inciter la Fed à marquer une pause alors que l’inflation sous-jacente reflue.
Risques
- Fragmentation géopolitique. La rivalité sino-américaine et le retour des tensions commerciales menacent les chaînes logistiques, les investissements et les marges des entreprises.
- Tensions persistantes sur les marchés de l’énergie. Une déstabilisation durable liée au conflit en Iran pourrait doper le coût de l’énergie, peser sur la demande et nécessiter un resserrement monétaire plus important qu’anticipé.
- Crédibilité budgétaire. L’ampleur des émissions et l’incertitude politique risquent de faire grimper les rendements et les spreads souverains, ce qui durcirait les conditions financières sans accélération de la croissance.
- Déception sur le front des bénéfices. Des attentes élevées et la forte concentration du marché rendent les actions vulnérables à tout abaissement des prévisions, en particulier pour le segment de la technologie qui suscite des attentes croissantes.
Strategie cross asset et positionnement du portefeuille
- Nous surpondérons légèrement les marchés actions. Nous avons relevé les États-Unis à « légèrement surpondéré » et continuons de préférer le Japon et les marchés émergents.
- Allocation régionale :
- Légère surpondération des États-Unis. L’anticipation d’une croissance et d’une dynamique des bénéfices solides jusqu’à l’année prochaine soutient les marchés.
- Légère surpondération du Japon. Les initiatives gouvernementales favorables et la prudence relative de la BoJ offrent un contexte propice aux actifs risqués. De plus, ses leaders mondiaux dans les domaines de la robotique, de l’automatisation et des équipements industriels devraient permettre de capitaliser sur la prochaine hausse de la productivité induite par l’IA.
- Neutre vis-à-vis de l’Europe. La composition sectorielle semble moins exposée aux thèmes dominants du marché, mais la région pourrait bénéficier d’une baisse des prix de l’énergie en cas de recul des tensions au Moyen-Orient.
- Légère surpondération des marchés émergents. Une approche sélective s’impose, mais la forte exposition de la région au secteur technologique constitue un facteur favorable, bien que volatil. Les valorisations, qui reflètent une décote significative par rapport aux marchés développés, sont intéressantes.
- Allocation factorielle et sectorielle :
- Nous privilégions les thèmes qui bénéficient de cycles d’investissement à long terme.
- Nous restons optimistes à l’égard du secteur de la santé et restons exposés à certaines valeurs industrielles bénéficiant de budgets expansionnistes.
- Emprunts d’État :
- Nous avons une position longue de duration sur les obligations européennes « core ». La guerre en Iran a entraîné un ajustement lié aux perspectives d’inflation. En conséquence, les anticipations de politique monétaire se sont cristallisées autour d’une hausse des taux. Nous privilégions les obligations souveraines « core » notées AAA, qui bénéficient encore de la crédibilité budgétaire et de celle de leur banque centrale.
- Crédit :
- Malgré le récent élargissement, les spreads du segment investment grade européen demeurent trop limités pour offrir des opportunités en termes de valorisation, alors que les incertitudes macroéconomiques restent élevées. Les fondamentaux demeurent solides, mais leur sensibilité à la hausse des taux justifie un positionnement neutre. Pour l’heure, nous renonçons à surpondérer le segment et privilégions une approche sélective.
- Nous sommes neutres vis-à-vis des titres investment grade, tant aux États-Unis qu’en Europe. Les indicateurs techniques dans le haut rendement se détériorent sur fond de sorties de capitaux et d’offre en hausse, ce qui justifie le récent écartement des spreads. Au sein du segment, nous restons neutres sur l’Europe et négatifs envers les États-Unis.
- Nous sommes positifs sur la dette émergente, notamment en devise locale, car la tendance au resserrement des spreads se confirme et de nouvelles compressions sont envisageables. Enfin, les rendements actuels (plus de 7 %) offrent un portage attractif pour cette diversification génératrice de revenus.
- Actifs alternatifs :
- Nous restons optimistes sur l’or.
- Nous détenons des positions dans des métaux précieux et stratégiques, des actifs alternatifs et des stratégies « market-neutral », à des fins de stabilité et de diversification du portefeuille.
- Devises :
- Le régime de marché actuel favorise les devises liées aux matières premières. Nous maintenons donc notre position longue sur le dollar australien.
- Nous conservons une position longue sur le yen.
Notre positionnement
La bonne tenue de l’activité mondiale nous incite à conserver un positionnement positif et nous surpondérons légèrement les actions américaines, émergentes et japonaises. Sur les marchés obligataires, la hausse des rendements réels a provoqué une envolée des rendements souverains au niveau mondial, ce qui a renchéri les coûts de financement. La hausse des taux d’intérêt crée un environnement plus exigeant. Nous privilégions la dette émergente et la duration européenne « core » de qualité. Dans le domaine du crédit, nous préférons le segment investment grade européen au haut rendement, dont les primes de risque restent limitées malgré le récent ajustement. Nous ciblons en outre le yen (historiquement sous-évalué) comme devise de couverture ainsi que certaines monnaies émergentes, tout en conservant les devises liées aux matières premières telles que le dollar australien. Enfin, les métaux stratégiques, l’or et les stratégies alternatives continuent d’offrir une diversification appréciable dans un contexte de contraintes d’offre, de divergence des politiques et de volatilité des taux réels.