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Coffee Break

Le défi des « Midterm »

Coffee Break:
  • Semaine

Les temps forts de la semaine dernière

  • Le leadership de l’IA est menacé par des résultats décevants et des interrogations sur le rendement des investissements, qui ont déclenché une correction de l’ensemble du secteur de la technologie.
  • Au Moyen-Orient, les attaques contre des pétroliers et les frappes des Houthis ont propulsé le Brent au-dessus de 117 dollars le baril, faisant peser sur le couple croissance/inflation des risques qui affectent les obligations, les actions et les marchés émergents.
  • Les banques centrales ont marqué une pause sans fermer la porte à de nouveaux tours de vis : la Fed, la BCE et la BoJ conservent une orientation restrictive, alors que le niveau d’inflation en zone euro laisse entrevoir une hausse des taux en décembre.
  • La croissance est restée solide, mais inégale : le PIB américain a progressé de 3,4 % en rythme annualisé au troisième trimestre, tandis que celui de la zone euro a dépassé les prévisions malgré une contraction en France et une stagnation en Italie.
  • Après la réélection de Lula, le réal a plongé sur fond de dénouement des positions anticipant une victoire de Bolsonaro, alors que la crédibilité budgétaire impacte à nouveau la devise et les taux locaux.

 

 Et ensuite ?

  • Les élections de mi-mandat aux États-Unis domineront l’actualité, un basculement du Congrès étant susceptible de gripper les institutions et d’influer sur la réglementation et la politique budgétaire.
  • Les chiffres de l’emploi américain et le refinancement du Trésor seront décisifs pour les taux, alors que la résilience du marché du travail et les perspectives d’émission pourraient mettre fin au rally des durations observé en octobre.
  • La BoE et la RBA devraient relever leurs taux, replaçant les Gilts, la livre et le dollar australien au centre de l’attention et suggérant que le resserrement monétaire mondial n’est pas terminé.
  • Les résultats d’entreprise seront déterminants : Apple pour la confiance, Berkshire, Novo Nordisk, BMW et Toyota pour une évaluation large des secteurs et des régions.
  • Les PMI mondiaux et l’OPEP+ permettront de jauger les perspectives de croissance : les enquêtes de conjoncture mesureront la résilience mondiale, tandis que l’OPEP+ précisera sa position face à des cours élevés et un resserrement de l’offre au Moyen-Orient.

 

Nos convictions

Scénario de base

  • Le début du mois de novembre sera rythmé par une kyrielle de catalyseurs : décisions de politique monétaire, résultats de grands groupes, scrutins politiques, tests budgétaires et sommets géopolitiques.
  • Légère surpondération des actions. Nous maintenons les actions américaines à « légèrement surpondéré » et continuons de préférer le Japon et les marchés émergents.
  • Le contexte macroéconomique demeure robuste, comme en témoigne le PIB américain du troisième trimestre. L’investissement et la consommation soutiennent la croissance aux États-Unis, tandis que la reprise européenne reste tributaire de la dépense publique en Allemagne. Toute baisse des prix de l’énergie soutiendrait l’activité.
  • La saison des résultats du troisième trimestre bat son plein. Nous notons que les prévisions du troisième trimestre devront confirmer les attentes, malgré la hausse des coûts de financement.
  • Potentiel de resserrement monétaire limité. Le resserrement des conditions financières pourrait inciter la Fed à marquer une pause, alors que l’inflation sous-jacente reflue.

 

Risques

  • Fragmentation géopolitique. La rivalité sino-américaine et le retour des tensions commerciales menacent les chaînes logistiques, les investissements et les marges des entreprises.
  • Tensions persistantes sur les marchés de l’énergie. Une déstabilisation durable liée au conflit en Iran pourrait doper le coût de l’énergie, peser sur la demande et nécessiter un resserrement monétaire plus important qu’anticipé.
  • Crédibilité budgétaire. L’ampleur des émissions et l’incertitude politique risquent de faire grimper les rendements et les spreads souverains, ce qui durcirait les conditions financières sans accélération de la croissance.
  • Déception sur le front des bénéfices. Des attentes élevées et la forte concentration du marché rendent les actions vulnérables à tout abaissement des prévisions, en particulier pour le segment de la technologie qui suscite des attentes croissantes.

 

Strategie cross asset et positionnement du portefeuille

  • Nous surpondérons légèrement les actions. Nous surpondérons légèrement les actions américaines et continuons de préférer le Japon et les marchés émergents.
  • Allocation régionale :
    • Légère surpondération des États-Unis. L’anticipation d’une croissance et d’une dynamique des bénéfices solides jusqu’à l’année prochaine soutient les marchés.
    • Légère surpondération du Japon. Les initiatives gouvernementales favorables et la prudence relative de la BoJ offrent un contexte propice aux actifs risqués. De plus, ses leaders mondiaux dans les domaines de la robotique, de l’automatisation et des équipements industriels devraient permettre de capitaliser sur la prochaine hausse de la productivité induite par l’IA.
    • Neutre vis-à-vis de l’Europe. La composition sectorielle du marché européen semble moins exposée aux thèmes dominants.
    • Légère surpondération des marchés émergents. Une approche sélective s’impose, mais la forte exposition de la région au secteur technologique constitue un facteur favorable, bien que volatil. Les valorisations, qui reflètent une décote significative par rapport aux marchés développés, sont intéressantes.
  • Allocation factorielle et sectorielle :
    • Nous privilégions les thèmes qui bénéficient de cycles d’investissement à long terme.
    • Nous restons optimistes à l’égard du secteur de la santé et restons exposés à certaines valeurs industrielles bénéficiant de budgets expansionnistes.
  • Emprunts d’État :
    • Nous avons une position longue de duration sur les obligations européennes « core ». La guerre en Iran a entraîné un ajustement lié aux perspectives d’inflation. En conséquence, les anticipations de politique monétaire se sont cristallisées autour d’une hausse des taux. Nous privilégions les obligations souveraines « core » notées AAA, qui bénéficient encore de la crédibilité budgétaire et de celle de leur banque centrale.
  • Crédit :
    • Malgré le récent élargissement, les spreads du segment investment grade européen demeurent trop limités pour offrir des opportunités en termes de valorisation, alors que les incertitudes macroéconomiques restent élevées. Les fondamentaux demeurent solides, mais leur sensibilité à la hausse des taux justifie un positionnement neutre. Pour l’heure, nous renonçons à surpondérer le segment et privilégions une approche sélective.
    • Nous sommes neutres vis-à-vis des titres investment grade, tant aux États-Unis qu’en Europe. Les indicateurs techniques dans le haut rendement se détériorent sur fond de sorties de capitaux et d’offre en hausse, ce qui justifie le récent écartement des spreads. Au sein du segment, nous restons neutres sur l’Europe et négatifs envers les États-Unis.
    • Nous sommes positifs sur la dette émergente, notamment en devise locale, car la tendance au resserrement des spreads se confirme et de nouvelles compressions sont envisageables. Enfin, les rendements actuels (plus de 7 %) offrent un portage attractif pour cette diversification génératrice de revenus.
  • Actifs alternatifs :
    • Nous restons optimistes sur l’or.
    • Nous détenons des positions dans des métaux précieux et stratégiques, des actifs alternatifs et des stratégies « market-neutral », à des fins de stabilité et de diversification du portefeuille.
  • Devises :
    • Le régime de marché actuel favorise les devises liées aux matières premières. Nous maintenons donc notre position longue sur le dollar australien.
    • Nous conservons une position longue sur le yen.

 

Notre positionnement

Les banques centrales et les indicateurs américains ont attisé la nervosité des marchés, tandis que le Brent restait au-dessus de 117 $/baril et le gaz européen au-dessus de 100 €/MWh, propulsant les anticipations d’inflation en zone euro à un pic inédit depuis 2023. Le PIB américain a progressé de 3,4 % en rythme annualisé au troisième trimestre, tandis que l’inflation PCE « core » a augmenté de 0,3 % en glissement mensuel et de 3,1 % en glissement annuel, confirmant une demande solide mais une inflation persistante. Le sentiment s’est avéré mitigé sur les marchés actions, les résultats décevants de certaines valeurs phares ravivant les craintes liées à l’ampleur et à la rentabilité des investissements dans l’IA. La bonne tenue de l’activité mondiale nous incite à conserver un positionnement plutôt positif, et nous surpondérons légèrement les actions américaines, émergentes et japonaises. Sur les marchés obligataires, nous prenons acte de l’ajustement intervenu sur les emprunts d’État internationaux. La hausse des taux d’intérêt crée un environnement plus exigeant. Nous privilégions la dette émergente et la duration européenne « core » de qualité. Dans le domaine du crédit, nous préférons le segment investment grade européen au haut rendement, dont les primes de risque restent limitées malgré le récent ajustement. Nous ciblons en outre le yen comme devise de couverture (celui-ci restant historiquement sous-évalué) ainsi que certaines monnaies émergentes, tout en conservant les devises liées aux matières premières telles que le dollar australien. Enfin, les métaux stratégiques, l’or et les stratégies alternatives continuent d’offrir une diversification appréciable dans un contexte de contraintes d’offre, de divergence des politiques et de volatilité des taux réels.

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