Les temps forts de la semaine dernière
- Les marchés de l’emploi et du logement ont fléchi en décembre aux États-Unis, mais le PMI composite a suggéré la poursuite de l’expansion grâce à la composante des services.
- En Europe, l’inflation sous-jacente s’est avérée inférieure aux attentes, tandis que l’inflation globale s’est maintenue à 2 %, de sorte que la BCE reste « bien positionnée ».
- Soutenues par les investissements dans les infrastructures d’énergie et la défense européenne, les commandes d’usines et la production industrielle allemandes ont surpris à la hausse.
- En Chine, l’IPC a quelque peu augmenté (atteignant un sommet depuis février 2023) sur fond de demande intérieure toujours faible. La déflation reflue légèrement (l’IPP s’est établi à -1,9 %, un plancher depuis juillet 2024), mais une inversion de la tendance prendra du temps.
- Au plan géopolitique, la résurrection de la doctrine Monroe (datant de 1823) amène à s’interroger sur le périmètre de « l’hémisphère occidental ».
Et ensuite ?
- Aux États-Unis, le rapport sur l’IPC de décembre et la publication du Livre beige de la Fed avant la réunion du FOMC (prévue fin janvier) seront au centre de l’attention.
- Nous surveillerons en outre les chiffres de la production industrielle américaine et divers indicateurs d’activité régionaux – Fed de Philadelphie et indice manufacturier « Empire State ».
- La balance commerciale chinoise, les données mensuelles du PIB au Royaume-Uni et les mises en chantier au Canada sont également attendues.
- La saison des résultats du quatrième trimestre aux États-Unis débutera avec JPMorgan, Citigroup, BofA, Goldman Sachs et Morgan Stanley.
Nos convictions
Scénario de base
- Visibilité rétablie. Le brouillard se dissipe. Les marchés mondiaux bénéficient d’une visibilité inédite en cette fin d’année : la croissance dépasse les prévisions, l’inflation s’avère plus modérée qu’attendu et le contexte politique est plutôt favorable. Après des semaines de données confuses et de sentiment hésitant, le recul de la volatilité et la résistance de l’économie soutiennent la confiance sur les marchés.
- Petits pas de la Fed. Après trois baisses des taux consécutives en septembre, octobre et décembre, la Réserve fédérale américaine revient à une approche conditionnelle. Cela se traduit par une divergence des politiques, alors que la BCE est « bien positionnée » et que la Banque du Japon est passée en mode restrictif – une normalisation plus qu’une menace.
- Amélioration des conditions financières. Les liquidités sont abondantes, le crédit reste stable et les rendements réels sont positifs mais gérables. Une croissance proche de 2 % aux États-Unis et 1 % en Europe semble confirmer notre scénario d'atterrissage en douceur.
- Équilibre régional. L’Europe bénéficie d’un important soutien budgétaire et de PMI en amélioration, tandis que la trêve commerciale avec les États-Unis laisse à la Chine le temps de s’ajuster. Les marchés émergents, favorisés par un portage élevé et un dollar faible, attirent de nouveau les capitaux. La divergence, autrefois redoutée, est désormais le signe d'un équilibre.
- Valorisations élevées, mais justifiées. Les marchés boursiers affichent des multiples élevés, notamment dans la technologie aux États-Unis, mais les bilans sont solides et la dynamique des bénéfices demeure positive.
Risques
- Hésitation de la Fed. Les divisions au sein de la Réserve fédérale pourraient freiner l'assouplissement monétaire, synonyme de pause inopportune dans l’offre de liquidités. De fait, les hausses de prix liées aux droits de douane, conjuguées au retournement des tendances baissières observées en novembre, risquent de relancer l’inflation au cours des prochains mois.
- Crédibilité budgétaire. La hausse des volumes d’émission et les tensions politiques pourraient inquiéter les marchés obligataires et accroître la volatilité des rendements.
- Politique européenne. Les risques de cohésion persistent, les difficultés budgétaires de la France restant un point noir ; les tensions politiques risquent de miner la confiance.
- Fragmentation géopolitique. La rivalité sino-américaine reste vive, tandis que la réorganisation de l'offre d’énergie et des flux commerciaux internationaux se poursuit. L’intervention américaine au Venezuela a démontré les capacités militaires des États-Unis et leur volonté de défendre leurs intérêts.
Strategie cross asset et positionnement du portefeuille
- Nous conservons une opinion positive sur les actions mondiales à moyen terme :
- Notre surpondération globale s’appuie toujours sur de bonnes perspectives dans toutes les régions.
- Allocation régionale :
- États-Unis : légère surpondération. L’inflexion accommodante de la Fed au mois de septembre ouvre la voie à de nouvelles baisses de taux. La technologie américaine demeure une conviction fondamentale dans un contexte de croissance résiliente.
- Japon : légère surpondération. La visibilité sur le front commercial et l'allègement des droits de douane soutiennent les secteurs cycliques, en particulier les exportateurs. L'élection de Sanae Takaichi, symbole de réformes structurelles et de diversité dans le leadership, est considérée comme un pas important vers la disparition de la décote qui frappe les actions japonaises.
- Europe : légère surpondération. L’issue rassurante des négociations commerciales est un facteur positif et le budget expansionniste de l'Allemagne a été approuvé. La BCE a relevé significativement ses prévisions de croissance tout en maintenant son taux directeur inchangé à 2 %, mais conserve une certaine flexibilité pour 2026.
- Marchés émergents : légère surpondération. Les actions émergentes bénéficient de la trêve entre les États-Unis et la Chine jusqu’à la fin octobre (2026), d’un dollar faible et d’une meilleure visibilité en matière de commerce. La dette émergente, soutenue par des rendements attractifs et des coûts de financement plus faibles, demeure légèrement surpondérée.
- Allocation factorielle et sectorielle :
- Nous privilégions une stratégie « barbell » fondée sur des thèmes résilients tels que la technologie, l'IA et la santé, les difficultés concernant ce secteur étant désormais intégrées dans les cours.
- Nous restons exposés aux titres du secteur bancaire, à l’industrie européenne et aux petites et moyennes capitalisations allemandes et américaines, qui devraient bénéficier de budgets expansionnistes et de la politique accommodante de la Fed.
- Emprunts d’État :
- Nous sommes optimistes sur la duration européenne « core », la politique stable de la BCE et les faibles anticipations d'inflation ancrant les rendements.
- Nous restons neutres sur les bons du Trésor américain, l'inflation induite par les droits de douane et les prises de position de la Fed ajoutant à la complexité.
- Crédit :
- Nous ciblons le segment investment grade européen, qui offre des spreads attractifs par rapport à son homologue américain.
- En raison de faibles spreads et de primes de risque minimes, le haut rendement offre un couple rendement/risque plus limité.
- Nous surpondérons la dette émergente en raison de rendements attrayants, d'une meilleure visibilité en matière de commerce et de la politique accommodante de la Fed.
- Actifs alternatifs :
- Soutenu par les achats massifs des banques centrales et l’intérêt des investisseurs particuliers, l'or reste surpondéré en tant que couverture contre les risques géopolitiques, la volatilité des taux réels et la faiblesse du dollar.
- Le dollar demeure incontournable pour les marchés émergents et les métaux précieux.
- Nous conservons nos allocations aux stratégies alternatives pour assurer la stabilité et la diversification du portefeuille.
- Devises :
- Nous continuons à sous-pondérer le dollar, car l'assouplissement monétaire de la Fed et les pressions politiques pèsent sur la devise.
- Nous privilégions les devises défensives telles que le yen et détenons certaines devises de pays émergents affichant des fondamentaux solides.
Notre positionnement
L’Europe et les États-Unis devraient confirmer leur résilience : les PMI indiquent une expansion économique dans les deux régions. En Europe, l’inflation sous-jacente s’est avérée inférieure aux attentes, tandis que l’inflation globale s’est établie à 2 %, de sorte que la BCE reste « bien positionnée ». Les commandes du secteur manufacturier et la production industrielle ont de nouveau surpris à la hausse en Allemagne. L’impact de l’effort budgétaire allemand se fait sentir dans la défense et les infrastructures énergétiques, ce qui confirme notre positionnement. Nous continuons à surpondérer les marchés boursiers, avec une allocation régionale équilibrée. Notre exposition aux actions privilégie la dynamique structurelle : la technologie américaine pour ses bénéfices, l’Europe pour le rendement et la reprise qui se profile, le Japon pour ses réformes et l’Asie pour son accès bon marché à l’intelligence artificielle et aux semi-conducteurs. Les thèmes clés incluent les goulets d’étranglement liés à l’électrification (services aux collectivités, infrastructures et certains métaux), ainsi que la santé et les biotechnologies pour leur croissance idiosyncratique. Au sein de la poche obligataire, la duration joue un rôle défensif dans un contexte de divergence des politiques monétaires, tandis que les crédits européens et la dette émergente offrent un portage attractif. Nous anticipons un affaiblissement du dollar, restons optimistes sur les métaux et conservons une position prudente sur le pétrole. Les portefeuilles combinent croissance structurelle et sélection de titres rigoureuse parmi les différentes classes d’actifs.