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Autonomie stratégique de l’Europe : réalité émergente ou mirage politique ?

Introduction

L’Europe est confrontée à des transformations majeures. Après cinq décennies de mondialisation continue et d’ouverture des échanges commerciaux, l’intégration mondiale ralentit, voire même s’inverse dans certains domaines. L’an dernier, l’ancien président de la BCE Mario Draghi soulignait l’ urgence de renforcer la compétitivité économique européenne, formulant plus de 300 recommandations dans des secteurs clés. Ce rapport[1] mettait en évidence trois priorités essentielles : combler le déficit d’innovation pour relancer la croissance et lutter contre le déclin de la productivité dans un contexte de changements démographiques, réduire les dépendances stratégiques, et préserver les intérêts et le bien-être des citoyens européens.

En réponse, l’autonomie stratégique européenne est apparue comme une priorité déterminante, l’Europe recherchant une plus grande indépendance en matière de politique, de sécurité et de prise de décision économique.

 

Pourquoi l’autonomie stratégique est-elle si vitale pour l’Europe ?

L’autonomie stratégique sous-tend la capacité de l’Europe à défendre ses intérêts dans un monde de plus en plus incertain. Les tensions géopolitiques, les ruptures technologiques et les interdépendances économiques ont mis en évidence des vulnérabilités – de la dépendance énergétique et de la fragmentation des capacités de défense à la dépendance aux technologies étrangères et aux matières premières critiques. Au fond, l’enjeu est la capacité de l’Europe à agir de manière indépendante en matière de défense, de politique étrangère, d’économie et de technologie, sans dépendre excessivement de puissances extérieures.

L’affirmation croissante de la Chine, l’imprévisibilité de la politique étrangère des Etats-Unis et la guerre entre la Russie et l’Ukraine ont souligné l’urgence d’une Europe plus autonome. Ces évolutions ont mis en évidence la dépendance de l’UE vis-à-vis de l’OTAN et des États-Unis pour sa défense et sa sécurité.

La forte dépendance de l’UE au gaz russe[2] est apparue comme une vulnérabilité majeure après le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ce choc a mis en évidence la nécessité stratégique pour l’Europe de mieux contrôler sa production et da distribution d’énergie – accélérant la transition vers les énergies renouvelables, la diversification des importations, le renforcement de la résilience du réseau électrique et la réévaluation du rôle de l’énergie nucléaire dans un mix énergétique équilibré.

L’Europe continue d’être distancée par les États-Unis et la Chine dans les technologies critiques telles que les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et le cloud computing, créant des risques économiques et de sécurité. Pour parvenir à une autonomie stratégique, l'Europe doit sécuriser son infrastructure numérique, protéger ses données et garder le contrôle de ses capacités technologiques essentielles. Le rythme rapide du changement technologique génère simultanément de nouvelles opportunités et de nouvelles dépendances, révélant des vulnérabilités structurelles dans les domaines de la défense, de l’énergie, de la technologie et des chaînes d’approvisionnement.

La pandémie de COVID-19 a mis en lumière la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales, en particulier dans les secteurs pharmaceutique, des équipements médicaux et des semi-conducteurs. Entre 60 % et 80 % des principes pharmaceutiques actifs sont produits en dehors de l’UE[3], tandis qu’environ 60 % de l’énergie[4] européenne et des matières premières les plus critiques, telles que les terres rares et les aimants permanents, sont importés. Le rapatriement ou la diversification de la production et de l’approvisionnement sont désormais jugés essentiels à la résilience à long terme et à l’autonomie stratégique de l’Europe.

 

Europe : Un réveil géostratégique

Des objectifs ambitieux

Le « réveil » de l’Europe a déclenché une vague d’initiatives stratégiques et de mesures politiques visant à favoriser et financer l’autonomie stratégique du continent tout en préservant ses valeurs fondamentales. Les progrès restent inégaux : des secteurs tels que les transports, les réseaux énergétiques, les matières premières critiques et la défense avancent rapidement sous l’effet de l’urgence politique.

Plan de financement – « Make Europe Great Again »

Alors que selon le rapport Draghi l’Europe aura besoin de 750 à 800 milliards d’euros d’investissements supplémentaires d’investissements par an[5] (environ 4,5 % du PIB de l’UE en 2023) provenant des secteurs public et privé, plusieurs propositions ambitieuses ont déjà été lancées, signalant une transition d’une approche axée sur le marché vers une politique industrielle plus stratégique

Des initiatives européennes pour une autonomie stratégique

Source: European Union: ReArm Europe Plan/Readiness 2030

 

Ce que cela signifie pour les investisseurs

L'ampleur des investissements nécessaires dans tous les secteurs est considérable, ce qui souligne l'importance du financement public et privé, et commence déjà à créer des opportunités clairement identifiables pour les investisseurs. Les actions européennes restent à des prix raisonnables par rapport à nombre de leurs homologues américaines. Elles offrent également une large diversification sectorielle, dont plusieurs segments sont susceptibles de bénéficier d’un soutien public de long terme, notamment dans l’énergie, la défense et la technologie.

Nous avons déjà observé de fortes progressions des entreprises liées à l'Allemagne ainsi que dans les secteurs de l'aérospatiale et de la défense. Aux niveaux de prix actuels, ces titres ne sont plus bon marché, mais ces secteurs demeurent encore peu détenus par les investisseurs. Associée à une croissance solide des ventes et des bénéfices, la défense est un thème qu'il pourrait être difficile à ignorer dans les années à venir.

À l'avenir, ces tendances pourraient favoriser les entreprises européennes plus cycliques et nationales, ainsi que celles offrant une exposition à des technologies clés :

  • Aérospatiale et défense : après une forte hausse, les valorisations commencent à se normaliser, ce qui crée de nouveaux points d'entrée. Les dépenses de défense devraient rester élevées compte tenu de la menace russe persistante et de la nécessité de reconstituer les capacités militaires. Nous privilégions les entreprises qui bénéficient de l'augmentation des budgets de défense allemands et celles dont les valorisations semblent encore raisonnables.
  • Technologie - équipements pour semi-conducteurs : l'Europe est un leader mondial dans certains domaines critiques, comme les équipements de fabrication de puces, ainsi que des puces spécialisées, notamment des puces de puissance et des puces dédiées à l’IA . Ces mesures soutiennent l'indépendance et la compétitivité numériques de l'Europe et sont soutenues par des politiques telles que l’European Chips Act. La demande de puces devrait augmenter, et les valorisations ont reculé par rapport à leurs sommets de 2024, ce qui maintient l’argumentaire de long terme attrayant.
  • Matériaux et construction : ce secteur bénéficie de l'augmentation des dépenses d'infrastructure en Allemagne, de la reconstruction future de l'Ukraine et de plans d'investissement plus larges à travers l'Europe. Des segments comme les matériaux de construction offrent encore des opportunités à des valorisations raisonnables.
  • Les services aux collectivités : les services aux collectivités sont soutenus par les plans énergétiques de l'UE (dont RePowerEU) et par la transition vers une énergie plus propre et plus sûre. Elles devraient également profiter de la nécessité de renforcer le réseau électrique et de la hausse de la demande d'électricité, à mesure que l’industrie se redresse et que les centres de données liés à l’IA se développent. Dans l'ensemble, le secteur reste valorisé de manière raisonnable par rapport à l'ensemble du marché.
  • Banques: les fondamentaux du secteur restent solides, portés par une économie de l’UE résiliente, soutenue par des plans d'investissement et une politique fiscale. La demande de crédit pourrait se redresser progressivement grâce aux dépenses d'investissement des entreprises et aux prêts hypothécaires des ménages. Le revenu net d’intérêts semble avoir atteint un point bas, la BCE ayant marqué une pause dans les baisses de taux, tandis que les banques européennes demeurent structurellement bien capitalisées. Dans l'ensemble, les valorisations ne semblent pas élevées.
  • Petites et moyennes capitalisations européennes : les petites entreprises pourraient offrir un potentiel de rendement intéressant au cours des prochaines années. Elles se négocient encore à des niveaux de valorisation faibles malgré une politique monétaire plus favorable, des investissements publics importants et l'atténuation des pressions exercées par les coûts de l'énergie et l'inflation.

 

En se concentrant sur les nouvelles thématiques stratégiques émergents en Europe, les investisseurs peuvent positionner leurs portefeuilles en vue d'une transformation susceptible de façonner le prochain cycle de croissance de la région.

 

[1] Le rapport Draghi sur la compétitivité de l’UE
[2] Reducing-Europes-reliance-on-Russian-energy-imports.pdf
[3] f7e07537816cd55c793486559836e14eac642008.pdf
[4] Statistiques de l’énergie - un aperçu - Statistiques expliquées - Eurostat
[5] Le rapport Draghi sur la compétitivité de l’UE

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